Tiger King : Murder, Mayhem and Madness – Eric Good & Rebecca Chaiklin

Au royaume des fauves, de son titre original Tiger King : Murder, Mayhem and Madness, est une série documentaire réalisée par Eric Good et Rebecca Chaiklin, sorti en 2020. Chaque épisode dure 45 minutes environ.

Je ne considère pas que je spoile étant donné que cette série est un documentaire sur des faits réels (Ce n’est pas sans rappeler la série Don’t Fuck with Cats). Si vous souhaitez regarder cette série, faites le avant cette critique, sauf si vous considérez que ce n’est pas bien grave ! (oui, parce que vraiment, en soi, je ne vois pas ce que je peux vous spoiler…) Mais bon, si jamais vous vous y aventurez, je vous mets quand même les « spoilers » en rouge ! Parce que je suis gentille…

Synopsis : C’est dans un monde de trafic d’animaux exotiques, d’armes, de drogue et d’argent que les grands fans de félins bâtissent leur royaume. Joe Exotic, propriétaire d’un zoo et doté d’un amour incontestable pour les félins, personnage haut en couleur et très excentrique, décide de partir en guerre avec son ennemie de toujours, Carole Baskin, militante pour les droits animaux et propriétaire d’un refuge/zoo pour félins, qui serait très hypocrite aux yeux d’Exotic.

Bande annonce VOSTFR

Série documentaire qui, lors de sa sortie sur Netflix a fait un gros « boum ». Je l’ai donc regardé bien après tout ça et je me suis posée une fois que j’avais fini d’autres séries qui j’avais en cours. J’ai regardé cette série en trois soirs seulement, tant elle était passionnante, bien qu’énervante et bourrée d’action complètement incompréhensible. Mais bon, c’est ça l’Amérique.

Au départ, on regarde le premier épisode et on se dit « Qu’est-ce que je fous là ? »

On s’attache petit à petit aux personnages – qui existent vraiment, je tiens à le rappeler – avant de se demander à nouveau « Qu’est-ce que je fous là ? »

Puis on arrive à un moment, où on déteste absolument tous les personnages et on se dit que vraiment, il y a des tarés partout. Mais on les aime aussi parce qu’ils nous divertissent vraiment comme il faut. Puis… « Pourquoi je regarde ça, déjà ? »

J’ai trouvé la réalisation assez dingue. Le temps de tournage pour ce résultat aussi (moins que le documentaire sur les 20 ans de Coldplay (A Head Full of Dreams – 2018) qui s’est tourné pendant 20 ans, mais faut pas pousser mémé non plus). Les images d’archives qu’ils avaient été incroyable ! D’une intimité vraiment poussée. J’avais l’impression que je regardais quelque chose d’interdit, des preuves qui incriminées des gens – et pour sûr, que c’était le cas pour certain.

C’est une histoire aberrante, qui m’a fait perdre mes moyens. J’étais subjuguée tout le long de la série par toutes ses sous histoires sous les histoires principales. On aurait dit un vrai scénario inventé de toute pièce tant tout était parfaitement imparfait.

CEPENDANT.

J’ai trouvé malheureusement que la réalisation n’était absolument pas objective et nous laissait pas vraiment réfléchir sur l’histoire par nous-même. (Vous me direz, c’est un documentaire et pas un reportage, mais je m’explique…)

On nous a clairement mis en avant certains caractères de chacun des personnages en avant (Comme par exemple Joe Exotic étant un taré psychopathe, Carole Baskin une manipulatrice et calculatrice mais surtout hypocrite, ou encore Jeff Lowe, protagoniste qui arrive seulement dans l’épisode 4 qui est montré comme étant le « gros méchant » de l’histoire.)

Pour moi, Carole Baskin n’a absolument pas la même importance au niveau de son background que tous les autres. On nous la présente comme, certes, une militante pour les droits des animaux et propriétaire de son refuge pour animaux Big Cat Rescue, mais surtout, elle est suggérée comme étant une aussi grosse folle que tous les autres.

Alors, je ne dis pas le contraire bien entendu, je dis juste qu’elle a beaucoup moins la parole « libre » comme Joe Exotic.

Le parcours de Joe Exotic, Bhagavan Antle et Jeff Lowe semblent beaucoup plus définis, sans trop de pointage du doigt sans réelle preuve. Tandis que Carole Baskin n’a pas la parole pour les bonnes raisons ; tout ce qu’elle dit peut-être retournée contre elle. Absolument toutes ses paroles sont placées au millimètre près pour qu’elle passe pour la femme qui a tout calculé depuis le début.

(Encore une fois, je ne prends pas la défense de cette infâme personne, je parle de la réalisation qui n’a pas été, à mon sens, égale au niveau de chacun des protagonistes.)

Bien que l’enquête judiciaire soit au point mort à l’heure actuelle (mais il me semble avoir lu que l’enquête sur la mort du mari de Carole Baskin est relancée), il n’y a pas assez de preuves tangibles et donc beaucoup d’ambiguïté et de lynchage gratuit sur chacun des personnages. Il y a beaucoup d’infondé, même si j’ai envie de dire : oui, ok, on n’est pas aveugle non plus. Maaaaaais, pas de preuve, que des possibilités !

J’ai trouvé que Carole Baskin, qui est quand même au centre (oui, vraiment) de toutes les histoires avait un passage à l’écran parfois moindre que certains employés du zoo de Joe Exotic… Après, est-ce qu’il y a une bonne raison à ça, hm, j’en doute…

Pour finir, j’aimerai revenir juste sur une séquence qui m’a marqué : La séquence de l’accident suicide de Travis Maldonado, l’époux de Joe Exotic. Ils ont réussi à récupérer la vidéo surveillance qui filmé Joshua Dial (le manager de Joe) lorsque Travis était venu se vanter de son nouveau joujou, un « Ruger ». Joshua lui avait demandé de ne pas pointer l’arme sur lui, mais Travis répondait qu’elle n’était pas chargée… Pour le prouver, il a appuyé sur la détente, en posant le bout de l’arme sur sa tempe. Les archives montrent la réaction que Joshua a eu sur l’instant-T.
Visiblement, Joshua a vu que c’était un réel accident. Il le dit lui même dans l’épisode Bonus :

« Je le regardais quand il l’a fait et j’ai lu la surprise dans son regard. En somme, ça disait : Merde, qu’est ce que je viens de faire là ? J’ai remarqué ça pendant cinq secondes et après, c’était fini. » -EP 8 « Le Roi des Tigres et moi », Joshua Dial

CONCLUSION 

On est devant une série documentaire de 8 épisodes qui nous montre l’Amérique beauf par excellence, ou chacun personnage, excentrique à sa manière, nous diverti comme on le souhaite.

Note : 7/10

J’ai du mal à donner plus (j’ai même failli donner 6) étant donné que j’ai été un peu sur ma faim lors du dernier épisode qui m’a laissé un peu sans voix au sujet de Carole Baskin, et globalement par rapport au traitement du point de vue de cette dernière.

Je crois que c’est vraiment ce côté-là de l’histoire qui m’a laissé un peu déçue du visionnage de cette série.

Autrement, si la violence gratuite, l’Amérique stupide et beauf ne vous fait pas peur, regardez là avec un paquet de pop-corn. Ah, et warning, y’a des bébés tigres vraiment trop mignons. Mais on a bien envie de couper le mulet de Joe Exotic quand on voit ce qu’il peut faire avec.

PS : Vous avez aussi un épisode bonus (Episode 8), réalisé pendant le confinement par visio-conférence avec le réalisateur (Eric Goode) qui interview (assez maladroitement d’ailleurs) quelques protagonistes de la série (dont Jeff Lowe par exemple). C’est sympa et ça permet de revenir sur plusieurs scènes qui nous ont marquées.

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