The Haunting of Hill House – Mike Flanagan

Pour le coup, c’est grâce à la bande annonce que ma curiosité a été en alerte. Je l’ai vu au moment de sa sortie, ça m’a foutu les jetons, et c’est d’ailleurs pour ça que je ne l’ai pas regardé immédiatement. J’ai attendu un an quasiment… Avant de me lancer. Elle me donnait envie et je ne trouvais plus aucune raison pour ne pas la commencer.

Synopsis : Trois sœurs et deux frères, connus pour être la famille ayant vécue dans une demeure hantée, dans leur vie passée vont vivre un malheureux évènement qui va les obliger à affronter les fantômes d’antan. La famille se réunit au grand complet, ou presque.

Chaque épisode est dédié à une personne de la famille, jusqu’à l’épisode 5. Nous suivons tour à tour :

–      Steven, qui est le grand frère. Il est auteur de célèbre bouquin, dont le principal qui est sur la maison de son enfance : Hill House. Il ne croit pas sa famille et pense simplement qu’il y a des antécédents psychiatriques dans celle-ci. Ils étaient tous petits et leurs imaginations leurs à jouer des tours, encore maintenant. C’est sa vérité.

–      Shirley, la sœur cadette. Elle est devenue croque mort et s’occupe d’une société de funérailles. Elle est fascinée par la manière dont on peut faire en sorte de garder un « bon souvenir » en voyant la corps une dernière fois, si le corps est nettoyé, bien entretenu, maquillé et apprêté.

–      Théo, la sœur « du milieu ». Elle a le même don que sa mère, et porte des gants en cuir à cause de ça. Lorsqu’elle touche un objet, un endroit, une personne, elle ressent ce qu’il s’est passé et connait des bouts de l’histoire, voire l’histoire entière.

–      Luke. C’est le benjamin, jumeau de Nell. Il est drogué. Il a demandé tellement d’aide à sa famille, de sous qu’il a perdu toute confiance. Il a essayé plusieurs fois d’aller en cure de désintoxication, malheureusement il finissait toujours par craquer. Mais un évènement va le bouleverser alors qu’il est à son 90jour de sobriété.

–      Et enfin, Nell. La petite dernière qui est encore terriblement hantée par les fantômes de son passée. C’est la plus traumatisée de son enfance, de ses frères et sœurs. La première intrigue, durant les 5 premiers épisodes, est par rapport aux raisons et aux conditions de sa mort.

Dès le premier épisode, nous comprenons que Nell a un problème. Elle essaye de joindre toute sa famille, malheureusement personne ne répond. Rapidement, la famille comprend qu’il ne s’agit pas d’elle mais de Luke. Nell a un mauvais pressentiment auprès de son frère jumeau. Quelque chose ne va pas, mais Nell ne va pas bien non plus, et effectivement… Elle est décédée dans les heures qui suivaient. Que s’est-il passé ?

L’histoire est assez basique ; c’est une famille, hantée durant une partie de leur vie mais en fait les fantômes ils sont toujours là. Et il faut que la famille réussisse à régler le problème. Fantastique. Cependant, je trouve que c’est un deal réussi.

Les intrigues de l’histoire sont, pour moi, amenées comme il le faut. J’ai directement accroché car je me demandais, dès le début, ce qui avait bien pu causer la mort de Nell. On a pu voir une Nell très émotive, très perturbée. On se demande si elle voit vraiment des fantômes, si elle n’est pas juste totalement barge. Steven, qui lui utilise ces histoires de fantômes pour discréditer sa famille pour gagner de l’argent nous énerve mais permet de nous demander s’il n’a au fond, pas raison de soutirer de l’argent grâce à cette histoire qui les bouffent tous encore.

J’aime cette manière de reprendre la même temporalité, le même lapse de temps d’un épisode à un autre pour pouvoir nous expliquer ce qu’il s’est passé chez un personnage puis chez l’autre. Comme si nous recherchions le coupable. Il y a donc ces cinq épisodes, qui relient chaque personnage aux autres puis à l’histoire de Hill House, qui termine part l’explication de la mort de Nell, avant d’utiliser les cinq autres épisodes pour nous expliquer un mystère qui n’avait toujours pas été élucidé : La mort de la mère Olivia, et pourquoi le père Hugh, ne leur avait rien expliqué, apparement pour les protéger. Mais de quoi ? Il y a une soirée, « LA soirée » qui revient souvent. Les enfants et le père on rapidement pris la voiture, quelque chose dans la maison n’allait pas, en pleine nuit. On ne sait pas pourquoi, mais la mère est restée dans cette maison. Le père a laissé les enfants à l’hôtel, et quand il est revenu les récupérer, il avait le pyjama tâché de sang. En parallèle, dans ces épisodes, nous avons l’enterrement de Nell, qui réunit toute la petite famille. Seulement, ça ne se passe pas comme prévu, entre fantômes, histoire d’argent, de dignité et de rancœur.

SPOILER

L’histoire de Nell était hyper intéressante. Il faut donc savoir que Nell était hantée par une dame « au cou tordu ». Elle était là, très souvent, durant les nuits de son enfance. Elle ne voyait jamais son visage clairement, mais elle distinguée la couleur verdâtre de sa peau et son horrible façon de se tenir droite devant elle, le cou tordu. La mort de Nell semble être un suicide. Elle se serait pendue en retournant dans Hill House. Mais on sait tous, pertinemment, qu’elle ne s’est pas suicidé, et que c’est bien un meurtre. Mais par qui ?
Lorsque nous suivons, dans l’épisode 5, Nell qui retourne à son ancienne maison, nous voyons de nos propres yeux la scène du « suicide ». Pendant sa visite nocturne, Nell revoit sa mère, ses frères et sœurs dans une maison parfaite et magnifique. Mais ce ne sont que des visions. Elle est seule, dans une maison totalement abandonnée. Elle finira par monter les escaliers,  voir sa mère décédée des années auparavant, et c’est cette dernière qui va la pousser alors qu’elle a une corde autour du cou, afin que Nell reste avec elle pour l’éternité.
Un peu de la même manière que American Horror Story Saison 1, où il fallait mourir sur le terrain de la maison pour que l’esprit y soit prisonnier et toujours présent. C’est exactement la même histoire. Nell est à présent un esprit qui hante Hill House.

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Extrait de la mort d’un des personnages de la saison 1 de American Horreur Story, qui illustre ce que je dis.

Nell se retrouve le cou cassé à cause de la brutalité du choc quand elle se fait pendre. Et vous savez ce qu’elle voit ? Elle se voit petite. Dans chaque pièce où elle avait pu voir la dame au cou cassé. La dame au cou cassé n’était qu’elle. Elle s’est hantée toute seule, toute sa vie. Elle a été confrontée à sa propre mort toute sa vie. Je trouve ça fascinant, mais terriblement flippant bordel.

FIN SPOILER

Nous avons un MacGuffin qui revient dans chaque épisode. Nous comprenons son sens seulement à la fin de la série. Il s’agit d’une pièce, dans Hill House, qui est fermée à clé par une porte rouge vernis. Là aussi, derrière cette trame, il y a une finalité belle, poétique et surprenante. Je n’en dirai pas plus mais ça donne encore plus de relief à la maison, qui est un personnage à part entière de la série.

Il y a un gros point d’honneur à faire à la réalisation de la série, à la colorimétrie ainsi qu’aux détails qui apportent une finesse en plus à la série.

Il y a des couleurs très ternes, autant dans le présent que dans le passé. Nous sommes nous aussi traqué par les fantômes de la famille. Nous sommes hantés par l’ambiance de chaque salle, chaque décor de la maison et de la ville. C’est donc sans surprise que la palette de la couleur bleue remplie notre petit écran. Le bleu est synonyme de retour en arrière, de retour vers le passé, de souvenir. Les tons ternes nous racontent la tristesse des souvenirs, l’anxiété que présentent beaucoup de scènes.

Peut-être que cela vous a échappé, en tout cas, pas moi. On nous raconte des histoires de fantômes, d’esprits en tout genre. Nous voyons ceux des autres, mais savez-vous que nous avons aussi les nôtres dans cette série ? Il suffit de regarder l’arrière-plan. Les voilà nos fantômes, qui nous hantent, qui nous font peur. Nous croyons rêver et nous revenons en arrière pour vérifier que nous les avions bien vus. Mais dans la vraie vie, on ne peut absolument pas faire ça.

Par ci, par-là, il y a des visages entre le mur et la porte, une personne vêtue de noire au visage sombre derrière les ouvriers, une dame habillée de blanc passe rapidement dans le couloir, ou un homme qui se tient face à vous, qui disparaît le plan d’après. Il y en a pleins. Même si vous les cherchez, vous aurez toujours la surprise de voir vos yeux se poser sur eux.  J’ai aimé ce détail, toujours présent dans chaque épisode. Ça donnait une histoire plus profonde et encore plus réelle que ce que nous pouvions voir de nos propres yeux. On voyait des fantômes que les personnages dans la série ne soupçonnaient pas. Et comme nous aussi nous les voyons, nous pouvions considérer Steven comme un connard. Parce que oui, ils existent ces fantômes putain.

Pour terminer, je vais parler du rythme. Dans un film d’horreur, on parle toujours du rythme. Celui qui joue avec nos nerfs, juste avant de nous jeter un jump scare en pleine gueule. Là, ici, c’est exactement pareil et c’est peut-être la seule chose que j’aurai à lui reprocher. On s’attend à chaque moment qui fait peur. Certes, ça a marché parce que je suis une flippette, qu’on se le dise… Mais je savais que j’allais avoir peur, je n’ai pas été une seule fois surprise. La musique, la lenteur de certains plans, le dialogue entre les personnages et le silence nous donnaient tous les indices pour préparer sa ventoline et ne pas faire une crise d’asthme au moment où on est supposé avoir peur.

Et si on prend en considération la seconde rythmique, qui est celle de l’avancée de l’histoire, de la rythmique des plans, ça ne m’a pas gêné. Je n’ai pas été soudainement saoulé de la lenteur de la série ou quoique ce soit. C’était un rythme convenable, qui nous emmené là où il voulait ; outre le fait que je m’attendais au moment de « peur ».

CONCLUSION 

J’ai passé du bon temps dans cette série. Elle m’a bien fait flippé et j’en suis contente. J’avais peur de seulement regarder la série pour avoir quelques sensations d’adrénalines dans mon corps, quelques cris sortis de ma bouche par inadvertance, or, j’ai étais happée par le scénario. Généralement, j’aime être surprise par la fin d’une série, étonnée, époustouflée, là ce ne fut pas le cas, mais je n’ai pas trouvé ça nécessaire pour bien terminée la saison 1. Chaque trame est réglée, la résolution est bonne et très bien écrite. Je ne me doutais jamais de ce qui pouvait arriver et j’ai toujours apprécié le dénouement, le fait de devoir comprendre l’explication moi-même et de ne pas forcément avoir tout servi sur un plateau d’argent. La fin est assez calme, posée, mais l’intégralité du dernier épisode est sublime de par la fin de l’histoire et sa réalisation.

Note : 7,5/10.
Ça reste une très bonne note, pour une bonne série qui ne m’a pas non plus sidérée. Mais je la recommande quand même pour son écriture et sa réalisation.

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Maï-Li

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