Critiques,  SERIES

Locke and Key – Joe Hill

En entendant l’histoire que proposait cette nouvelle série sur Netflix, je me suis laissé tenter sans regarder de bande-annonce au préalable.

Synopsis : Après le meurtre du père dont les raisons sont inconnues, le reste de la famille Locke déménage dans la maison ancestrale pour aller de l’avant. Celle-ci renferme des clés magiques dont les pouvoirs intriguent les frères et sœur mais également un démon qui souhaite les arracher de leur main… S’il le pouvait.

Je vous préviens d’avance, je vais spoiler pas mal la série, donc référez-vous plutôt à la note et au fait que… Non, je n’ai pas aimé cette série. Mais il est toujours préférable de se fier à son unique avis ! Donc si vous voulez la regarder, soit, et puis on en reparle après.

Je n’ai pas aimé cette série malgré ses nombreux points positifs que j’ai pu lui trouver. On va commencer par les points positifs pour la terminer comme il faut.

La réalisation est très bien faite, très jolie avec une colorimétrie qui suit bien l’ambiance de la série. Le cadrage a la plupart du temps du sens et il y a un rythme logique à la série, donc à ce niveau-là, je n’ai rien à redire.

Trois genres le qualifient sur TV Show Time, Wikipédia et AlloCiné : Drame, Science-fiction et horreur. Mis à part un petit jump-scare dans un des derniers épisodes, il n’y avait pas de quoi avoir la chair de poule. Je pense que l’horreur dont on parle genre plus l’ambiance, le décor et la situation plutôt que le genre de l’histoire. Elle, est beaucoup plus dramatique – même si, bon, ressenti dramatique de 2% pour ma part – et la science-fiction est bien là et porte toute la série.

Il y a beaucoup de référence à la culture cinématographique, geek et pop. On peut y retrouver du Rick et Morty, Le Monde de Narnia, Vice-Versa, Carry, Harry Potter ou encore Ça. Je vous laisse chercher, ce n’est pas vraiment compliqué ni très discret mais j’ai beaucoup apprécié.

Il avait énormément de matière pour réaliser une série, un scénario vraiment génial.

Un décor certes déjà vu mais encore largement utilisable, un panel de clés pouvant être une ouverture d’écriture phénoménale pour de nombreuses situations… Même si l’idée de chaque nature de clé reste très intéressante, je pense qu’elles n’ont pas été utilisées de la bonne manière dans la série.

J’ai trouvé un peu con que le générique d’ouverture de la série soit toujours différent et révèle l’esthétique de la clé que l’on est supposé découvrir dans l’épisode. J’ai eu la chance de garder un minimum de surprise à chaque découverte de clé car je ne regardais pas l’entièreté des génériques de début – flemme tu connais – et je suis bien contente d’avoir été flemmarde sur ce point-là.
Quel intérêt de créer du suspens dans l’épisode autour d’une clé et de son pouvoir si c’est pour donner de gros indices lors de l’opening ?

La liste des clés est la suivante :

The Matchstick Key : En l’insérant sur n’importe quel support (corps, bois, mur, etc…) celui-ci prend instantanément feu.
The Anywhere Key : En l’insérant dans une porte, celle-ci nous téléporte dans l’endroit que l’on souhaite.
The Mirror Key : En l’insérant dans un miroir, celle-ci devient une prison où la personne est prisonnière d’ « elle-même ».
The Head Key : En l’insérant dans sa nuque, elle permet de rentrer dans sa propre tête.
The Ghost Key : En l’insérant dans la serrure d’une porte de Key House et en traversant celle-ci, on devient un fantôme le temps qu’on désire si nôtre corps est à l’abris de personnes malfaisantes.
The Music Box Key : En l’insérant dans une boîte à bijoux, elle permet de contrôler n’importe quelle personne.
The Plant Key : En l’insérant dans un arbre dans le jardin de Key House, elle permet de révéler ou de cacher des souvenirs liés à la demeure, sous terre.
The Mending Key : En l’insérant dans la serrure d’une commode en bois de la maison Key House, elle permet de réparer les objets cassés qu’on dispose dedans.
The Identity Key : En l’insérant dans la gorge d’une personne, elle permet de changer d’identité.
The Omega Key : Ouvre une porte vers une autre dimension.
The Echo Key : Permet de faire revenir à la vie.
The Shadow Key : En l’insérant sur une couronne particulière, elle permet de contrôler et d’invoquer les ombres et les ténèbres.

J’ai trouvé intéressant toutes ses sortes de clés avec leurs pouvoirs magiques spécifiques. Même si certaines sont faciles (je me dis qu’il ne faut pas être un génie pour inventer la Anywhere Key ou la Head Key) d’autres sont beaucoup plus réfléchies (comme la Ghost Key ou la Mirror Key). Je ne parlerai pas tant de la Omega Key, qui a un nom pour rendre la chose incroyable alors que… ça ouvre une autre dimension. Pourquoi toujours obligé de mettre des Omega et des Alpha partout ? C’est chiant.

C’est dommage de nous avoir servi un aussi beau panel pour ne se servir que de très peu d’entre elles. J’imagine bien qu’elles seront beaucoup plus utilisées pour les saisons qui suivent (par pitié, pas une série à rallonge) mais j’ai eu la sensation que le scénariste voulait tellement en garder pour plus tard qu’il nous a un peu laisser sur la faim.

Mis à part ça, pourquoi les personnages sont-ils stupides et enchaînent les actions plus idiotes les unes que les autres ? Ce n’est pas faute qu’on les prévient pourtant « Non, ne fait pas ça », « tu devrais éviter » mais non, aucun n’est foutu de faire la bonne action bordel.

La mère qui rentre dans le miroir alors que tous les gosses s’écrient que ce n’est pas prudent. Ou encore Ellie qui se barre avec la clé que Dodge cherche exactement au lieu où elle peut l’attendre au lieu de la laisser aux Locke a qui le démon ne peut pas prendre la clé, elle est conne ou pas bordel.

Plein d’actions s’enchaînent et aucun n’est foutu de réfléchir un petit peu.

En ce qui concerne la pseudo mort de Dodge, vous vous foutez de ma gueule ? Excusez-moi mais plus crédible, vous avez ou pas du tout ?
Je ne sais même pas si on était supposé croire qu’ils l’avaient vraiment tué ou non, mais je n’y ai personnellement pas cru une seule seconde. Déjà, l’action, le climax de ce moment est trop rapide, on n’a pas le temps de rentrer dedans que s’est déjà terminé. Ensuite, vous nous prenez pour des cons ? Dodge n’a pas sa couronne au moment de tomber. Vous me direz « oui, mais quand on tombe, si on porte un chapeau il tombe aussi » Oui, mais il ne s’est pas barré tout seul dans la pièce d’à côté. Surtout que les personnages sont censés porter un regard très attentif à cette fameuse couronne et le fait qu’elle ne la porte plus, ça ne les choque pas ? Quand je vous dis qu’ils sont stupides.

La fin ne m’a pas étonné, tout était d’une évidence absolue.

Avec ce long plan sur Gabe qui dit à Kinsey (alors qu’elle enchaine les conneries) « Je me sens vivant avec toi », MAIS VOUS CROYEZ QU’ON EST CON OU COMMENT CA SE PASSE ?

Bref, c’est une série teenage, qui nous aide bieeeeeen dans la compréhension de l’histoire et qui met bieeeeeeen en place une excellente saison 2. Bon dieu.

Ah et au passage, on a un jeu d’acteur totalement pété dans tous les sens du terme.

Darby Stanchfield (Nina Locke, la mère) qui a du mal à nous faire décoller avec son jeu d’actrice malgré un personnage qui est supposé être terrassé par la mort de son mari mais qui garde la tête haute pour ses enfants. (ça en fait des émotions à nous faire passer à l’écran quand même)
Connor Jessup (Tyler Locke) qui est useless au possible. Même l’écriture du personnage en lui-même est raté.
Emilia Jones (Kinsey Locke) qui est, à mon sens, celle qui joue le plus faux possible.
Et le petit Jackson Robert Scott (Bode Locke), qui malgré un rôle de gamin intelligent ne fait pas de lui un petit qui joue correctement. Même si, en soi, il a de l’avenir tout de même.
On reste dans un sur-jeu constant et aucune émotion arrive à être transmise.
Laysla De Oliveira (Dodge) est terriblement nulle aussi. A part faire genre elle est badass et jolie, elle a un jeu plutôt minable aussi.

Pour terminer… Les cendres du père qui sont renversées approximativement trois fois au sol. Vous m’expliquez comment ils arrivent à correctement les remettre en intégralité dans l’urne ? Glauque.

CONCLUSION

J’ai apprécié l’idée de l’histoire. Les clés sont originales, la réalisation et les références sont symp. Le visuel est cool. Mais ça s’arrête là.

Note : 4,5/10

On dit souvent – et moi la première – que les séries françaises sont nulles parce que c’est la langue française qui fait que ça sonne faux.

Sachez donc, maintenant, que les séries anglophones, elles aussi peuvent être bien nulles. 

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