Critiques,  LIVRES

L’homme Craie – C.J. Tudor

Avant de visiter un appartement, j’avais un petit caprice ; trouver de nouveaux livres.
J’ai insisté auprès de mon copain pour aller dans une librairie qui était sur mon chemin, et qui avait l’air bien remplie.
Je vaquais de part et d’autres de celle-ci, sans savoir réellement ce que je cherchais. J’ai pris un livre qui m’inspirait la « facilité de lecture ». Money Shot. Ma foi pourquoi pas, mais ce n’est définitivement pas avec lui que je vais démarrer ce blog.
Soudainement, il y a eu une grosse tempête de pluie. Cool, encore plus de temps pour rester ici ! Puis je suis tombée sur ce livre : L’Homme Craie. Comme vous pouvez le voir sur la photo, c’est une image qui en soit ne donne pas envie de rigoler ou de sourire, loin de là. Mais le résumé m’a donné envie et m’a directement intrigué :

Les enfants ne sont pas toujours innocents… Le problème, c’est que nous n’étions pas d’accord sur la manière dont ça avait commencé. Était-ce lorsqu’on s’était mis à dessiner les bonhommes à la craie, ou lorsqu’ils sont apparus tout seuls ? Était-ce à partir du terrible accident ? Ou quand ils ont découvert le premier corps ?

Voilà. Dans la joie et la bonne humeur s’il vous plaît. Ça parle de gosses et de meurtre. Des bons moments de lecture dans le métro à venir !

Dès le début, je vous avoue avoir été un peu perdue, un peu perplexe. Je vous explique pourquoi.

Le narrateur de l’histoire est Eddie. Un homme d’environ 40 ans en 2016. Seulement, on démarre en 1986, lors de la trouvaille d’un corps sans vie dans une forêt. (Assez glauque, une histoire de tête qui est censée à l’endroit où se trouve une tête en général, mais que, beh. Non. Elle n’y est pas.) Puis, on retourne en 2016, avec Eddie qui nous parle de sa vie. Sauf que je n’ai rien compris, et que pendant 20 minutes j’ai essayé de comprendre qui était qui, et quand est ce que l’histoire se passait réellement. Bon, heureusement, au bout d’un moment j’ai compris, il suffit d’être un peu concentrée (pas comme moi).

J’ai été vraiment prise dans le livre dès le 3ème chapitre, dédié à un passage marquant de la vie d’Eddie, dans une fête foraine. Je ne vous dit rien, car mon but n’est pas de vous gâcher le plaisir de découvrir ce qu’il s’y passe. Pendant toute la lecture de livre, je suis passée de l’incompréhension au choc, au rire au choc. A chaque fois, je me faisais avoir par le choc. Le choc de la dureté des actes des enfants (Notamment à la fin du premier quart du livre, chapitre en 1986, mais j’en parlerai plus loin dans l’article), les meurtres inopinés, et la facilité d’utilisation de l’ignorance des enfants, de ces petites choses qu’utilisent les enfants pour les rendre glauques, et sordides.
Eddie Munster, en 1986, avait un groupe d’amis. Ils étaient cinq en tout : Gros Gav, Mickey Métal, Hoppo et Nicky. Pour dialoguer sans que la bande rivale (la bande du grand frère de Mickey Métal) ne les comprennent, ils avaient opté pour un code secret à la craie : dessiner des bonhommes de craies, de différentes couleurs, devant la maison de chacun, ou dans un endroit précis où chacun passer au moins une fois dans la journée par hasard ou par envie. Avec une forme géométrique à côté, ils savaient où ils devaient se rejoindre. Si points d’exclamations il y a, alors c’était très urgent. Même si tout le monde boudait, ils avaient l’obligation de s’y rendre.
Seulement, les bonhommes de craies finissent par les emmener au corps d’une jeune fille, et font vivre bien des choses à chacun.

Quand je lis, j’aime bien vivre les choses à fond. Quand j’étais dans le métro, en train de lire ce livre, j’avais les réactions inadéquates : ma bouche en forme de O, accompagné d’un « OH! ». A 9h du matin, dans un métro bondé de gens mécontents de pas être assis et crier « Oh! » parce que t’es choquée de ce que tu lis… C’est pas la meilleure chose. Mais à vivre, c’était intense !
Je trouvais que ça changeait des histoires trop légères quand il s’agissait d’enfants. Là, c’était dur. Et percutant. Il n’y avait pas de « oh c’est trop mimi c’est des enfants », vraiment pas et c’est ça que j’ai aimé. Il y avait l’innocence de l’enfance, mais également la cruauté.

SPOILER

Ce n’est d’ailleurs, pas à proprement parlé un énorme spoiler car ça ne gâche pas l’histoire. Mais c’est un moment qui m’a marqué, donc si vous voulez l’être, ne lisez pas ce qui suit.

Comme je le disais plus haut par rapport à la dureté des actes des enfants, il fallait absolument que je le mentionne. Ça m’avait d’ailleurs value un bon gros « OOOOH » dans le métro. Ça m’a vraiment outrée.

Dans le premier quart du livre, il y a une scène très crue et forte. Eddie voit un petit bonhomme dessiné devant chez lui, avec la couleur de Mickey Métal. Ils étaient en froid à ce moment-là, mais il y avait un point d’exclamation. Alors si point d’exclamation il y a, importance il y a. Il se rendit rapidement au terrain vague où ils étaient censés se retrouver. Mais le voilà bloqué dans la cabane de bois contre le grand frère de Mickey Métal et sa bande, qui avait compris le message codé des petits bonhommes et s’en était servis contre les petits amis de son frère.
Eddie avait lancé une grosse pierre sur ce grand frère, et l’avait blessé au crâne. Il voulait donc se venger et regagner sa dignité.
Il crut bon de coincer le gentil Eddie contre le mur de sa propre cabane, avec ces deux fervents amis qui lui bloqueraient le passage si jamais l’envie de fuir lui venait. Mais ce fut l’envie de pisser qui était là en premier. Tellement impressionné et apeuré, le jeune homme se mit tout simplement à faire pipi sur lui. Ce qui n’arrangeait pas son cas, étant donné que les trois amis utilisaient chaque fait et geste pour le ridiculiser.
Paralysé, Eddie ne bronchait pas. Même lorsque le frère de Mickey lui dit « Suce moi la queue ». Il lui attrapait la tête, lui forçait à ouvrir la bouche, et lui prendre le sexe en bouche.
Nous lisons les pensées de la victime. « Je me suis retrouvé face à sa bite. Ça sentait. Quelque chose d’étrange et aigre. »  Il résiste. On lui rétorque « Suce. Espèce de petite merde. » suivi de « Je ne pouvais plus respirer. J’ai eu un haut-le-cœur. Des larmes et de la morve m’ont coulé le long du menton. J’ai cru que j’allais vomir. » 
Toute cette mascarade à été rapidement terminé par la présence d’un adulte. Il les a fait fuir et est venu voir Eddie. Mais même si tout était terminé, je n’en reste pas moins choquée de la réaction de l’adulte, qui est censé être un professeur à lui. Eddie s’est retrouvé dans une pièce où il n’avait rien à faire de chez cet homme qui l’a recueilli chez lui juste après les faits pour le calmer. Il lui dit alors « Je te propose un marché. Je ne raconte à personne ce qui t’est arrivé aujourd’hui, si tu tiens ta langue toi aussi. »NON MAIS MEC TU VIENS DE VOIR UN PETIT DE 11 ANS SE FAIRE VIOLER ET TU DIS ÇA NON MAIS TARÉ VA.

Je me suis sentie très mal quand je lisais ça. Je me sentais sale. Un enfant qui suce un autre enfant m’a juste vraiment outré. C’était très choquant, mais je pense que ça va de pair avec absolument tout ce qui se passe dans ce livre. Ce passage est là pour faire comprendre que l’innocence des enfants est toujours présente, même pendant des faits aussi durs et horribles. Je ne pense pas que le grand frère de Mickey se rende vraiment de l’acte sexuel en soi. Il cherche simplement à le ridiculiser. Et je ne pense pas qu’Eddie percute sur ce qui est entrain de lui arriver. Quand l’adulte arrive et lui demande si tout va bien, il répond « oui » et « rien ne s’est passé ». Oui, bien évidemment que le choc joue son rôle là-dedans. Mais Eddie pense plutôt qu’il va se faire engueuler par sa mère, alors que je ne pense pas que sa mère réagisse ainsi. Tout ça est extrêmement minimisé, autant par les adultes que les enfants. Je pense que c’est ça qui m’a le plus interpellé.

FIN SPOILER

CONCLUSION

J’ai adoré lire ce livre. Quand je l’ai fini, j’en voulais encore plus. Le fait de parcourir le temps entre 1986 et 2016 est intéressant, d’avoir des questions en 1986, résolues en 2016, et des questions qui surgissent en 2016, qui ont leur réponse en 1986 qui se sont échappés, ou qui n’auront peut-être jamais de réponse.
Si vous aimez les thrillers, pleins de suspense, assez crus et que vous adorez être étonné et choqué, alors ce livre est clairement pour vous.
Ce n’est pas compliqué à comprendre, il est simple à lire. (On va dire que j’ai fait un début de lecture moyen, je devais avoir la tête là où vous savez le matin à 9h, et que ça ne devait pas être une bonne idée de lire.)

Note : 9/10.
Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. J’ai adoré la trame, l’originalité de l’histoire, et le côté très cru de l’enfance et de la vision des enfants sur certains aspects de la vie. Pourquoi 9 ? Parce que rien n’est parfait ! (Oui, comme chaque 9/10 qu’on trouve partout)

L'Homme Craie

Maï-Li

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