Critiques,  SERIES

La Casa de Papel (P4) – Alex Pina

J’avais hâte que la partie 4 arrive sur Netflix, c’est chose faite depuis peu et je l’ai regardé en quelques jours.
Pas de critique sur les parties précédentes, seulement sur la partie 4.
Pas mal de spoils seront présents dans cet article, donc les parties sans spoil seront en vert.

Synopsis : Le Professeur est dépité de la mort de Lisbonne dont il a été témoin par téléphone. Le sang ne fait qu’un tour entre Palerme et les autres, tandis que Nairobi est entre la vie et la mort. La tension est palpable, le chaos est présent… Mais qu’en sera-t-il du plan lorsque Gandia, le chef de la sécurité de la Banque d’Espagne, réussira à se libérer de ses entraves ? 

Que dire, que dire… Je suis mitigée mais j’ai globalement apprécié cette saison. Certaines scènes m’ont déplu, certaines actions m’ont paru insensées mais le ton de la série est toujours présent. Je commencerai donc par les points négatifs puis je finirai en douceur – à la différence de Locke and Key – avec les points positifs, qui ne sont pas des moindres.

Malheureusement, c’est avec un rythme très saccadé qu’on rentre dans le visionnage de cette partie 4. Le rythme n’est pas bon entre les scènes d’actions, les scènes cul cul la praline d’amour et les flashbacks. Il y a vraiment pas mal de scènes qui sortes un peu de nulle part, un peu à la manière « je ne savais pas quoi mettre donc je mets ça » et pas mal d’incohérences.

A la manière de Game Of Thrones ou The Good Place, chaque série a un univers qui lui est propre. Cependant, cela n’empêche pas l’existence d’incohérence. Ce n’est pas parce que l’univers est fantastique ou dépasse notre réalité que les scénaristes peuvent se permettre de faire ce qu’ils veulent ; ils doivent être cohérents avec l’univers de la série.
La Casa de Papel est une série dramatique, thriller, ancrée dans une réalité que nous connaissons, par conséquent, les actions qui s’y passent, même si elles dépassent l’entendement – du genre braquer la Banque d’Espagne – j’estime qu’une bande de braqueurs ne peut pas se permettre, avec seulement une étude d’anatomie sur un cochon, de réussir une opération chirurgicale pour garder en vie Nairobi. Je suis complètement motivée pour m’entraîner sur Peppa Pig pour pouvoir prétendre réaliser des opérations de hauts vols dans des circonstances d’ores et déjà tendues.

Et puis, dès le premier épisode, faire un passage ridicule, où chacun pointe leur arme respective sur les membres de leur propre équipe, ça m’a bien fait rire. Ton dramatique très très borderline sur un ton comique je trouve… Dommage !

Il y a beaucoup d’incohérences – dont celle que j’ai signalé juste au-dessus – que j’ai remarqué et d’autres qui ne m’ont pas directement sauté aux yeux.

Pourquoi Denver s’appelle Ricardo puis Daniel ?
Pourquoi Gandia passe à travers de 100 000 balles contre tous les braqueurs au calme ?
Comment ils ont réussi à faire cette petite voiturette pour Nairobi ?

Il y a d’autres incohérences de ce genre mais plusieurs articles d’autres sites relèvent toutes ses incohérences.

Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer cette obsession avec les chansons ?
Oui j’ai adoré la musique représentative de la Casa de Papel et j’adore l’effet que ça a eu sur les spectateurs… Mais c’est bon, pas la peine d’essayer de réitérer l’expérience avec d’autres chansons. Ça ne fonctionnera pas… On sent que c’est fait dans ce but-là et par conséquent elles sont mal placées.

On rame beaucoup dans les quatre premiers épisodes, jusqu’à la mort de Nairobi, qui est, au passage, très téléphonée. Il y a une trop grande mise en place autour du personnage de Nairobi, on nous prépare à sa mort ; c’est pour ça que ça ne m’a pas du tout surpris.
On voit Nairobi en très mauvaise posture avec Gandia, et on nous met un flashback où elle demande un bébé du Professeur ? Qu’il accepte en plus ?
Pourquoi nous mettre ce flashback à un moment comme celui-ci ? C’est forcément pour des raisons dramatiques, c’était évident qu’elle allait mourir. De plus, elle est sur une table d’opération et alitée tout le début de la série… Ils ont fait réussir l’opération dans l’unique but de lui faire un départ à la hauteur de son personnage. Raté.

Bon, vous l’aurez compris, j’ai eu du mal avec la moitié de la partie 4. Mauvais rythme, scènes inutiles placées au mauvais moment qui cassent le rythme. Bon, même si je vais parler en positif de la série a présent, ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de mauvais rythme et de scènes incompréhensives la deuxième moitié de la saison…

Que ça vous plaise ou non, j’ai adoré le personnage de Gandia. Enfin un personnage qui suit ses valeurs, qui n’est pas montré à 100% faible devant ses braqueurs. Chef de la sécurité de la Banque d’Espagne, il arrive à garder son calme et essaye de réaliser le sauvetage de tous les otages et de passer pour le héros. C’est vrai, on sent qu’il veut faire ça juste parce qu’il attendait qu’un braquage comme celui-ci se passe. Etre un pistolet dans la ceinture toute sa vie sans jamais pouvoir l’utiliser… Forcément, ça fait des dégâts au moment voulu…
Malgré le fait qu’il soit visiblement muni d’un corps anti-balles et un peu stupide de laisser Tokyo lui enlever un éclat de grenade qui peut « le paralyser »…

Arturo est aussi un personnage marquant. C’est clairement un connard, un gros pervers dégueulasse et je l’ai haï de tout mon être. J’ai juste envie d’une chose ; qu’il crève bien salement. Seulement, il donne la possibilité de donner du relief aux otages et de parler de plusieurs sujets encore compliqués : le viol, le patriarcat. Il y a également le personnage de Manille pour parler du sujet du transgenre.
Peut-être un poil mal placé dans la série et un peu fait grossièrement, mais j’ai apprécié voir qu’ils en parlaient sans pour autant être trop « les pieds dans le plat ».

J’ai trouvé que les acteurs avaient plus d’intensité dans leur jeu, plus qu’habituellement. Bon, mis à part Tokyo qui ne joue toujours pas très bien, j’ai adoré Helsinski (Darko Peric) et Palerme (Rodrigo de la Serna), notamment dans la scène où Helsinski décharge son pistolet à côté de Gandia et de la scène où Palerme prévient qu’un deuil est compliqué à gérer à Hensinski.

Saviez-vous que le générique de fin du dernier épisode de la partie 4, c’est l’actrice qui joue Alicia Sierra (Najwa Nimri) qui chante Bella Ciao.  S’ajoute donc quelques théories :

-Va-t-elle finalement rejoindre l’équipe du braquage ? (et s’appeler New-York ou Miami ?)
– Est-ce seulement une manière d’utiliser une actrice qui est aussi chanteuse de profession pour mettre un terme à la Partie 4 ?
– Est-ce une provocation d’Alicia Sierra au professeur, au vue du cliffhanger de fin ?

Telles sont les questions…

Pour terminer, j’ai aimé cette P4 comme j’ai aimé les parties précédentes. Non ce n’est pas parfait et oui j’ai grincé des dents à multiples reprises… Mais j’ai été diverti comme il le fallait. Même si je n’ai pas réussi à passer outre les scènes incohérentes et assez inutiles, lorsqu’il y avait des scènes de réflexions, de combat, j’étais à fond dedans.
Ce n’est pas une série magnifiquement bien écrite mais elle fait ce que beaucoup de séries n’arrivent pas entièrement : nous divertir. Nous faire oublier deux minutes la période dans laquelle nous nous trouvons.

CONCLUSION 

Une Partie 4 certes un peu plus bancale que les premières mais qui m’a plus ou moins régalée au même niveau. Du combat, de l’action, du « boum boum ciao » comme je l’aime. Pas trop à réfléchir, on a juste à suivre ce qui se passe. On met le cerveau en pause et on se laisse aller.

Note : 6/10

C’est une série où, de toute façon, on sait que c’est pas terrible au niveau de l’écriture mais on n’arrive pas à lâcher l’affaire car on est pris dans l’action.

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