Critiques,  SERIES

Killing Eve (S1et2) – Phoebe Waller-Bridge

J’avoue. J’avoue tout. J’ai totalement regardé cette série parce que Sandra Oh joue dedans. (Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est l’actrice qui joue Cristina Yang dans Grey’s Anatomy… Mon point faible en terme de série… J’ASSUME.)

Je n’avais pas regardé la bande annonce ni lu de synopsis, je ne savais donc pas dans quoi je m’embarquais et je pense que c’est la meilleure chose pour profiter de la série. Si vous n’avez pas encore compris que j’appréciais dix fois plus les séries quand je ne sais rien d’elles avant.

Pas de spoiler dans cet article.

Synopsis : D’un côté, Eve Polastri, agent du MI5 passionnée du génie des criminels, malheureusement cantonnée à être enfermée dans un bureau. De l’autre, Villanelle, dangereuse meurtrière psychopathe en liberté. Sur une affaire de meurtre dont tout le monde pense qu’il s’agit là d’un meurtrier masculin, Eve sera la seule à émettre l’idée que ce soit une femme. S’engage alors un sombre jeu du chat et de la souris entre les deux femmes, tournant presque à l’obsession.

Un conseil (le même que d’habitude…) Ne regardez pas la bande-annonce. Elle vous gâche certaines missions et certains dialogues qui m’ont laissées quoi quand je les ai vues pour la première fois… Mais à vous de juger si vous allez oublier le visionnage de la BA une fois devant l’épisode 1 de la saison 1.

Cette série est étonnante en tout point. L’écriture, l’audace, les acteurs et le scénario ! Bordel, le scénario ! J’ai dévoré cette série, mais sur la retenue. Non pas parce que j’avais des moments de creux pendant le visionnage mais parce que je voulais profiter sur un « long terme » et pas faire de cette série une sitcom qu’on regarde en 2 jours. Je voulais faire durer le plaisir. Je voulais être concentrée sur ce que je regardais, entièrement à disposition, à être à 100% dans l’histoire que Phoebe Waller-Bridge nous proposait. Parce que oui, la saison 3 est censé arriver en 2020 mais c’est beaucoup trop long.

J’ai donc pris environ 3 semaines/1 mois pour la regarder complètement. J’ai donc littéralement crevé avec le cliffhanger de fin de la saison 2. J’en crève encore d’ailleurs.

Mon petit plaisir en regard cette série, c’était de voir les deux actrices principales se passer la balle tout le long.

Sandra Oh, qui joue Eve Polastri, agent du MI5 barbait par la vie et la façon de travailler qu’on lui impose. C’est une personne qui est toujours très bien habillée, très classe et un poil vieux jeu, qui sort avec un professeur assez old-school. Mais au fond, celle-ci veut laisser cette vie sans danger pour du périple, des péripéties et du piquant.

Jodie Comer, qui joue Villanelle (son pseudonyme), cette tueuse psychopathe qui enchaîne les missions pour tuer différentes cibles à travers le monde. Elle est à l’opposé d’Eve Polastri. Elle est immature, sans limite, dépourvue d’empathie et de sentiment quelconque.

Ce jeu du chat et la souris entre ces deux personnages est absolument fantastique. Eve recherche de la nouveauté, une occasion de sortir de son quotidien ennuyeux avec son mari (qu’elle aime pourtant beaucoup), Villanelle cherche à s’amuser, jouer de l’autorité qu’Eve peut sembler être (une mère ? Ou simplement une figure d’autorité telle que la Police ?)

Le jeu de Sandra Oh est très bon, je n’ai rien à lui reprocher. C’est son personnage qui veut qu’elle soit moins exubérante que Villanelle. Dans la saison 2, elle ne reste pas sur la sellette et devient de plus en plus profonde. Elle semble l’exemple parfait pour décrire ce qu’est le Yin et le Yang. (Sans jeu de mot minable pour son rôle de Grey’s Anatomy.) Jodie Comer est juste incroyable. Elle arrive à jouer un nombre incalculable de personnage, dans toutes sortes de costumes avec différents accents.

D’ailleurs, pour la petite anecdote ; lorsqu’on lui a confirmé qu’elle pouvait passer le casting pour Villanelle, elle a affirmé savoir imiter l’accent russe et même le parler un peu… Or, ce n’était pas le cas. Elle a eu très peu de temps pour mettre au point ce critère-là, mais elle a eu raison de persister, car elle l’a eu le rôle !

Les vêtements et les costumes de Villanelle sont très esthétiques et sont en total décalage avec la réalité dans laquelle se trouvent les personnages. Très colorés, too much, très fashionista, alors qu’il est nécessaire pour une criminelle recherchée comme elle d’être discrète… Seulement, c’est tout le contraire avec ses tenues. Après, lorsqu’elle est en mission, elle se fond parfaitement avec la masse, prend toujours le temps de bien se renseigner, connaître les points faibles de sa cible et les habitudes des locaux (Oui, car elle peut avoir une mission à Rome un jour puis une mission à Londres un autre).

Il y a bien évidemment l’humour, sooooo british, qui est très présent. Il est grinçant, très noir mais tellement drôle ! Il y a beaucoup de comique de situation. Villanelle n’est heureuse que lorsqu’elle voit la vie quitter son hôte… La musique, elle aussi, est un critère phare de la série. Elle nous plonge dans une ambiance noire mais tendre, aux allures sensuelles mais terriblement toxiques.

Killing Eve a un regard féministe sur beaucoup d’aspects. Les femmes sont très présentes dans cette série : les personnages principaux sont deux femmes, extrêmement différentes l’une de l’autre, tandis que les personnages secondaires sont la plupart du temps des femmes également. Le seul rôle masculin qui a une grosse place (de mon point de vue) reste Konstantin. Mais le patriarcat n’a clairement aucune place dans cette série, quoique dénoncé au début de l’épisode 1.

La réalisation met également un point d’honneur sur un certain parallélisme, à la manière d’un split-screen, lorsque les deux héroïnes semblent mener une action à la fois identique mais totalement différentes. C’est encore une manière de plus pour rapprocher ces deux femmes d’un charisme épatant.

La bande originale, quant à elle, est à la fois envoutante, sexy et douce. Elle arrive à nous faire ressentir des émotions qui ne sont pas toujours à première vue exposées.

CONCLUSION


Je ne veux pas trop en dire, alors je préfère m’arrêter là. Cette série a été un pur régal et je sais d’avance que je la regardais de nouveau. Même si nous nous retrouvons au sein d’une relation très toxique et d’un milieu compliqué et sombre, les personnages n’en restent pas moins frais et pimpants. L’histoire a un côté psychologique très intéressant qui se développe au fil des saisons et un regard nouveau sur l’amour. Attention cependant à ne pas tomber dans le running gag et la répétition dans cette saison 3 qui peut potentiellement devenir barbante… Et ce serait du gâchis.

Note : 9/10.

Elle est dans mon top 5 de mes séries préférées. J’attends vos retours sur cette petite pépite pour qu’on puisse en débattre !

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *