Imperium – Daniel Ragussis

Film réalisé par Daniel Ragussis, sorti en 2016. Est-ce que j’ai regardé ce film dans l’unique but de voir Daniel Radcliffe ? Oui.

Synopsis : Jeune recrue du FBI qui cherche encore à faire sa place au sein de l’équipe, Nate Foster va accepter de s’infiltrer au sein d’un groupe de suprémacistes blancs pour déjouer un attentat.

C’est le genre d’histoire qui me tend particulièrement. L’infiltration, la discrétion, le monde des nazis qui marque l’histoire de l’humanité… Bref, ça me TEND.
Vraisemblablement, j’étais dans le mood pour être tendue ce soir-là et j’ai pu vraiment rentrer dans le film et j’ai été captivé du début à la fin.

Je ne l’ai pas trouvé parfait et loin de là, mais c’était un bon divertissement, cohérent dans ce qu’il proposait et qui a su jongler avec mon petit cœur par moment.

Au-delà des propos historiques inévitables que veut nous raconter Ragussis, il a voulu prendre le parti pris de nous exposer la pensée et la vision des choses par la psychologie de chaque personnage, qu’ils soient dans le groupe extrémiste que dans le FBI.  On y découvre des personnages parfois attachants, parfois horribles mais ils sont tous travaillés au niveau psychologique. On y voit une palette qui peut nous faire comprendre leur cheminement pour en être arrivé là. Il y a celui qui a été élevé dans une famille elle-même extrémiste, celui qui en veut aux noirs à cause d’une bagarre qui a dégénéré, celui qui a besoin de casser des gueules en permanence pensant que c’est la seule manière de se faire entendre, le père de famille gentil, serviable et aimable, ou encore le chrétien qui veut rester dans la bonne voie… On est très souvent à la place de Nate Foster (joué par Daniel Radcliffe), qui se retrouve à tenir les mêmes propos qu’eux afin de réussir sa mission d’infiltration, mais qui a parfois du mal à contenir ses expressions faciales qui expriment son incompréhension face à certaines façons de penser et d’agir.

Le rythme a su m’attraper au vol pour que je reste captivée tout le long du film. En revanche, l’opening a, pour moi était peut-être un peu trop survolé, pour une fin également de la même trempe. On nous fait monter en pression pour une fin moyenne. Je ne m’attendais pas vivre un dénouement en même pas cinq minutes alors que le film met en place toute une stratégie pendant plus d’une heure vingt. J’ai été sincèrement déçu par la fin, malgré le fait qu’elle soit « bonne ».

J’ai eu cette impression après le visionnage du film complet qu’il n’y avait eu aucune profondeur malgré la qualité de la documentation de l’histoire des suprémacistes blancs, du KKK et des groupes néo-nazis en Amérique du Nord. La tension était là, mais pour au final pas grand-chose de véritablement percutant. C’était du pur divertissement, qui pouvait mettre quelques frissons par moment tant on se dit qu’il y a du vrai là-dedans.

La crédibilité du film, en dehors des scènes lorsqu’il est en infiltration, m’a parfois laissé perplexe, surtout au début. On nous montre un Nate Foster très peu sûr de lui bien que très intelligent. Il est le petit intello, semblant être harcelé par ses collègues alors qu’ils ne sont plus sur le banc des écoles. Il n’ose pas forcément parler et reste toujours en retrait. Puis, se voyant attribuer une mission qui risque de le mettre en danger qu’il refuse dans un premier temps, va soudainement devenir un gars qui tient tête à des néo-nazis aguerris et ayant une répartie incroyable pour se sortir de situations extrêmement délicates. Dommage, la transition est peut-être trop rapide pour qu’on y croit. Une scène où il s’entraîne à parler devant sa Supérieure (jouée par Toni Colette) n’est pas assez, il aurait peut-être fallu rajouter quelques minutes pour approfondir le propos.

Je n’ai rien à redire sur le jeu d’acteur. Ce dernier est en parti la raison pour laquelle j’ai été plongé dedans à 100%, malgré les petits soucis que j’ai notifiés précédemment. Déjà, Daniel Radcliffe en tête d’affiche est incroyable, il a un talent fou. Mais les autres (autant agent du FBI (bien qu’ils soient moins intéressants comme personnages) que les suprémacistes) sont supers talentueux. On y croirait presque.

CONCLUSION

C’est un film qui m’a tendu, un rythme qui permet d’être dans l’histoire du début à la fin même s’il y a des passages (notamment les scènes d’ouverture et de fin) qui ne sont pas assez approfondis de mon point de vue et qui perdent de leur force.

Note : 6/10

J’ai passé un très bon moment avec un stress palpable et crescendo. C’est un film qui vaut le coup d’être vu, divertissant. Parfois mentionné au côté d’American History X (de Tony Kaye)  par rapport au sujet central, la manière d’être traitée n’est pas la même et est, pour moi, vraiment pas comparable. Ce n’est pas non plus la même année (1998/2016) et on sent peut-être cette sensation de « sujet traité à la va vite » sur le film de Daniel Ragussis.

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