How To Get Away with Murder – Peter Nowalk

Ayant fini Grey’s Anatomy et étant en attente de la suite, j’avais envie de me plonger dans une autre série de Shonda Rhimes. C’était à la même époque où la saison 6 venait de se terminer et je n’entendais parler que de ça : How to Get Away With Murder.
Je me suis dit, et pourquoi pas ?

Spoiler en rouge, comme d’habitude !

Synopsis : Professeure dans une université, elle est réputée pour être une avocate hors-pair. Annalise Keating choisira les meilleurs élèves pour venir travailler avec elle dans son cabinet personnel. Seulement, un drame survient et les fait rentrer dans un cercle vicieux.

Trailer VO

Il faut savoir que c’est extrêmement rare que je rentre dans l’histoire dès un épisode pilot, mais là, ça a carrément fonctionné.
Le procédé de narration, à base de flashback et de flashforward m’a happé, à mon grand malheur parce que j’étais tellement tenue en suspense que je ne pensais qu’à ça et je n’avais qu’une hâte : rentrer chez moi pour pouvoir continuer le visionnage de la saison en cours.

Chaque saison démarre par la situation finale. On ne comprend pas bien ce qu’il se passe, puis on revient environ deux mois avant. Au final des épisodes, on en apprend toujours un peu plus, puis arrive l’épisode 9 (un peu à la façon d’un épisode climax de Game Of Thrones, vous-même vous savez la douleur des Noces Pourpres) il y a le point culminant.
Je n’ai jamais été déçue par l’histoire, qui, certes pouvait peut-être être tirée par les cheveux mais elle tenait la route tout de même.
Cette façon de faire permet de nous faire comprendre que dans cette série, tout peut être mal interprété.

On reste sur un schéma classique de série policière, seulement on est dans une série qui se base surtout sur le sujet du droit et de la justice (ou pas).
On est sur une affaire à résoudre/défendre par épisode, la plupart du temps, en parallèle des affaires principales. Un rythme qui est déjà vu mais qui ne m’a pas gêné. Pour moi, ça marche.

Cependant, j’ai aimé cet effet de Cluedo qu’il y avait dans la réalisation lors de la première saison (et même des autres, en soi). Il y avait une grande maison luxueuse bien américaine, une arme du crime (en l’occurrence, la statue) et plusieurs personnes dans les lieux du crime, potentiellement les meurtriers. Mais un seul avait fait l’acte de tuer.

L’ambiance insoutenable était toujours très bien réalisée mais je n’ai pas apprécié la colorimétrie des flashforwards et des épisodes après l’épisode 9. Ils ont voulu donner un effet plus sale, une ambiance malsaine, mais j’ai trouvé ça tiré par les cheveux. Malgré tout, je peux quand même comprendre que cela plaise aussi, mais pour ma part ça donnait un style irréel qui rajoutait cet effet « too much ».

C’est une série qui tient beaucoup de discours forts, notamment sur le Black Lives Matter. Shonda Rhimes, étant la première productrice noire en Amérique met très souvent en avant les inégalités raciales dans le milieu de la justice.
Outre l’importance de cette dénonciation, cette série nous démontre que la différence entre le bien et le mal est subjectif. Est-ce que protéger des gens que nous aimons fait potentiellement de nous des criminels ? L’histoire de How To Get Away With Murder tourne autour de cette zone grise de la justice. Et nous, en tant que spectateur on a du mal à se positionner d’un côté précis, on a littéralement le cul entre deux chaises.

Ce qui m’a un poil dérangé au départ était le cliché absolu qu’était les étudiants. On avait le droit à l’idiot de service, le beau gosse, l’intello, le chouchou et la pétasse.
Cependant, les personnages sont rapidement devenus beaucoup plus profonds, moins stéréotypés et moins superficiels. Le beau gosse sans cœur (Connor Walsh) s’avère être un être très sensible, le clown de service (Asher Millstone) n’est pas si con qu’il en a l’air, a une vie de famille complexe, l’intello un peu prude (Laurel Castillo) a une vie de famille très compliquée et dangereuse et n’est pas si prude que ça, et la fille un peu superficielle (Michaela Pratt) s’avère être une hypocrite et égoïste.

Seulement, je n’ai pas tant parlé de deux personnages (dont un qui arrive seulement saison 4) : Wes Gibbins et Gabriel Maddox. Ces deux personnages m’ont un peu fait lever les yeux au ciel tant ils sont mal introduits et leur histoire respective est bancale.

Wes est pourtant bien introduit, vu même comme le personnage clé de la saison 1 et mi-saison 2. Seulement, il devient vite éteint, inutile au possible et insupportable. C’est un personnage qui est pourtant très important pour diverses trames de l’histoire principale et j’ai senti comme une raison cachée de la mort de ce dernier lors de la saison 3. Je me suis demandé si c’était vraiment écrit ou si c’était le départ de l’acteur pour x ou y raison.

Gabriel Maddox, qu’en a lui est très mal introduit. Vu comme un nouvel élève beau gosse surdoué, parfait aux yeux de tous sauf des Keating 5 (Connor, Asher, Michaela, Laurel et Wes). Son histoire est très intéressante mais pourtant si mal placée ! Ça m’a un peu sorti du contexte et je l’ai senti passé comme un cheveu sur la soupe, malheureusement.

Nous avons aussi Bonnie Winterbottom dont j’ai eu beaucoup de mal à comprendre sa présence au début de la série mais au final du temps, on s’y attache. Frank Delfino j’ai adoré ce personnage bien que trop loyal pour être réel…

Tous les personnages restent avec leurs propres principes et ne dérogent que très rarement à leurs règles, malgré Nate Lahey que j’avais envie de trucider chaque minute tant il est versatile.

C’est également bien dommage qu’on ne s’attarde pas plus sur ce qu’est d’être étudiant en droit et de travailler à côté pour un cabinet d’avocat très prisé. Il n’y avait que des petites scènes où ils disaient devoir « réviser » mais en aucun cas c’était plus que ça. C’était un peu facile de la part des scénaristes de les faire étudier en groupe sans vraiment se pencher sur la manière dont ils géraient l’apprentissage plus le terrain et leur cursus pour leur carrière rêvée. Cependant, ils ont très bien réussi à nous montrer leur défaillance psychologique (et principalement pour Connor d’ailleurs). Ils ont tous plus ou moins des réactions différentes et assez réalistes je trouve.

Pour terminer, je vais parler de la séquence de fin de la saison 6, qui était donc la dernière saison.


On en parle, de Laurel, Connor, Oliver (le copain de Connor) et Christopher (l’enfant de Laurel) qui se retrouvent des années plus tard aux funérailles d’Annalise ? Ils ont tous la même gueule que lorsqu’ils ont la vingtaine mais ont tous les cheveux blancs ? Et Christopher qui est joué par l’acteur qui joue Wes ? Non, c’est trop pour moi…

Alors oui, c’était très touchant, c’était quand même plaisant à voir mais c’était du même ordre que du fan service.
Voir les mêmes acteurs avec juste des cheveux blancs et un peu de ride pour nous faire comprendre que le temps a passé, c’est trop pour moi…

Malgré cela, j’ai trouvé la fin de HTGAWM incroyable, je n’ai pas été déçue pour un sou (même si cette séquence finale m’a laissé assez étonné de ce choix scénaristique, mais bon, les gouts et les couleurs…).

CONCLUSION

Cette série m’a fait beaucoup réfléchir sur ce qu’était réellement la justice et m’a fait comprendre qu’il y avait réellement une zone grise entre le bien et le mal. Ce ne sont que les structures sociales créées par notre société qui englobe ce bien et ce mal.
En terme de scénario, j’ai été happé par chaque nouvelle trame de chaque saison. Je ne m’y suis pas désintéressée une seule seconde et j’ai vraiment apprécié visionner une série de cette manière (ça faisait très longtemps que je n’avais pas bingwatché une série, vraiment…)
Malgré quelques maladresses stéréotypées, quelques choix de colorimétrie bancals et quelques approfondissements qui auraient été mérité, j’ai réellement apprécié cette série.

Note : 9/10

J’aimerai bien un Frank dans ma vie.

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