Critiques,  SERIES

Don’t F**k with Cats : Un tueur trop viral – Mark Lewis

Âmes sensibles, s’abstenir. J’ai peut-être une culture pourrie au niveau des documentaires, mais je crois que j’ai vu le documentaire le plus glauque et brutal de toute ma vie.

J’ai posté une photo de mon ordinateur avec l’image « Don’t F**k With Cats » sur l’écran. Beaucoup de personnes ont réagis en me disant « tu verras, cette série vaut le coup », « tu me diras ce que tu en as pensé pour en parler ! », « cette série est ouf ! », « tu vas tellement aimer ! ». Et, ça n’a pas loupé, j’ai trouvé cette série documentaire absolument fascinante.

Je ne considère pas vraiment que je peux spoiler étant donné que c’est une affaire connue mondialement, mais si le nom Luka Rocco Magnotta ne vous dit rien, alors je vous laisse le regarder sans vous dire quoique ce soit et revenez par la suite.

Synopsis : Après l’apparition d’une vidéo de chatons qui se font trucider d’une manière infâme, des internautes du monde entier décide de passer à l’action pour trouver l’auteur de ce crime. Ayant enfin l’attention qu’il semble vouloir, ce tortionnaire va continuer à poster des vidéos plus dérangeantes les unes que les autres, allant jusqu’au meurtre. 

Pour qu’on soit bien clair, documentaire et reportage, c’est très différent. Un reportage est un ensemble d’informations recueilli directement sur le lieu de l’évènement, généralement enregistré par un journaliste. En revanche, le documentaire va avoir tendance à avoir une réalisation réfléchie et va nous donner une direction à suivre. Le reportage va nous donner telle quelle l’information tandis que le documentaire va la travailler et la modeler.

Au début, je me demandais comment c’était possible de tenir trois épisodes sur un criminel de la toile ayant fait une vidéo où il tue des chatons. (Non, je n’avais pas lu le synopsis)

Je ne connaissais absolument pas l’enquête réelle et n’ai pas cherché à me renseigner véritablement étant donné que j’allais tout savoir en détails dans le documentaire en question.

J’ai adoré les trois aspects du documentaire, de sa réalisation. Il y avait les interviews (Polices de chaque pays, mère du coupable, internautes ayant réagis en premier, meilleur ami de la victime…), chacune d’elle est intéressante et très prenante. Nous avons différents regards sur ce qu’il se passe. Nous avons un aspect thriller, très fiction. On pourrait presque regarder ça comme un film, sans réellement passer par l’aspect documentaire (pourtant bien présent).

Le réalisateur Mark Lewis, avec l’accord de Netflix (forcément), a voulu prendre le pari risqué de mettre de réels extraits des vidéos de ce fameux tueur en série, Luka Rocco Magnotta (Escort boy et acteur pornographique). C’est la partie « âmes sensibles s’abstenir » du documentaire. On y voit des chatons mis dans des sacs (vacuum), un chaton attaqué par un python, un chaton scotché sur un bâton qui finira dans un bain rempli d’eau, et pour finir… Un meurtre. On y voit le corps, attaché de Jun Lin, et on devine ensuite les coups de « pic à glace » qu’il se prend. Il finira découpé, la tête coupée. J’ai des remontées rien que d’y repenser, donc je vous laisse vous documenter vous-même.

J’ai cependant fait ma curieuse et j’ai tapé chaque nom de vidéo sur mon moteur de recherche. Car oui, chaque nom donné des vidéos est le vrai, donc si vous êtes un peu salement curieux, vous pouvez mener vos recherches. Effectivement, on les trouve toutes facilement, même celle du meurtre infâme, et ce, en entier. Je ne sais pas quoi dire quand on fait qu’on peut trouver si facilement des vidéos de meurtres réels sur internet.

J’ai trouvé la fin vraiment incroyable. Je n’aime pas dire ça, mais ce criminel est un génie. Prendre d’aussi petits détails pour les retranscrire dans un crime, un interrogatoire est tout simplement fou.

Lorsque la mère de Luka parle d’un porte clé à lui, d’un de ses films préférés, j’ai tout de suite eu la référence. Basic Instinct était un de ses films phares et il avait réussi à retranscrire le meurtre culte ainsi que la scène de l’interrogatoire.

Séquence du meurtre
Séquence de l’interrogatoire

Que ça aille autant dans les détails, j’ai trouvé ça dingue.
Les genoux croisés, la cigarette durant l’interrogatoire, les liens blancs dans le meurtre, le tourne vice peint en gris pour représenter le piquet de glace… J’ai trouvé ça fascinant et terriblement terrifiant.

C’était une vraie ambiance thriller, je n’avais pas vraiment l’impression de regarder une vraie histoire, un documentaire. Pour moi, c’était une histoire fictive. Un homme narcissique et égocentrique qui décide de publier des atrocités sur internet, remarque qu’il suscite l’intérêt, va pousser le vice jusqu’à tuer un être humain, se baser sur une fiction lui-même pour la trame de son histoire et… Se faire attraper à cause de sa vanité. Quelle histoire, quel récit fantastique.

Le seul point négatif qui m’a un peu titillé, c’était la précision et la présence de certains éléments qui n’étaient pas très cohérents.

Ils nous ont montrés en des extraits clairs des horribles actes de Luka Magnotta, les détails reliés à Basic Instinct, la manière de s’exprimer de ce dernier… Mais ils nous mentionnent une troisième main, qu’on voit dans le documentaire, qui fait même débat le temps de quelques minutes et puis… Plus rien.
Ils ont utilisé cette troisième main pour glisser sur l’hypothèse d’un réel Manny. Mais ils nous font comprendre rapidement qu’il n’a jamais existé. Alors, pourquoi nous avoir montré la preuve tangible qu’il n’était pas tout seul pour la vidéo du chaton et du python ?

Et c’est quoi cette fin ? Ils font une série-documentaire sur un criminel pour nous faire culpabiliser de regarder une série-documentaire sur un criminel ?????????????????

Je pense que c’était un parti-pris, malheureusement qui ne m’atteint pas et qui n’a pas marché sur moi. Je pense que finir simplement sur le twist de Basic Instinct est largement suffisant et que ce n’était pas la peine de rajouter cet effet dramatique sur l’hyper connexion et les dangers d’internet.

CONCLUSION

A fond dedans comme dans un bon thriller. Des références qui m’ont fait vriller dans tous les sens et un génie à faire peur les plus fous d’entre eux.

Note : 7,5/10

Parce que la fin m’a sorti du contexte et m’a énervé. J’ai tout de même passer le ¾ de la série en total fascination pour un mec totalement taré et la réalisation de la série qui m’a bien transporté.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *