At Eternity’s Gate – Julian Schnabel

Intriguée par la bande-annonce, je n’ai pas plus réfléchi pour regarder ce biopic de 2019. Sachant également que Willem Dafoe tient le rôle de Van Gogh lui-même a éveillé ma curiosité…

Aucun spoiler ici !

Synopsis : S’installant à Arles vers la fin des années 1880, Vincent Van Gogh continue de pratiquer son art et se dit peintre. Aux yeux de tous, son art paraît pour de la folie.

Si vous ne connaissez pas l’histoire de la vie de Van Gogh, je vous conseille de regarder. Ça vous explique bien la fin de vie qu’il a mené et ce qui a fait de lui un artiste quelque peu déchu. En revanche, si vous la connaissez déjà, vous risquez peut-être de vous ennuyer.

Mais tout d’abord, parlons d’un très bon point. La réalisation ainsi que la direction artistique sont pour moi très réussies. Ce qui était étrange, c’est que j’avais la sensation de regarder un Blockbuster aux allures d’un film d’auteur. Grâce (ou à cause ?) aux séquences « clips », j’avais réellement l’impression de suivre Van Gogh dans sa folie douce et sa manière de voir l’Art avec un grand A.
Ces clips sont dignes de peintures vivantes, aux couleurs rappelant les toiles de ce dernier. Au-delà de trouver l’histoire de Van Gogh magnifiquement triste, je trouve le film être un bel hommage à son art qui n’a été reconnu que très tard, post-mortem.
La décoration est aussi très précise, mettant à l’honneur les différents tableaux qu’il avait fait au cours de sa vie mais également en retraçant les lieux où il a vécu, notamment avec le tableau La Chambre à coucher qui a été un lieu de décor du film, qui n’était autre que la chambre du peintre et qui est quasiment retranscrite à l’identique du tableau.  (Je parle de ce lieu mais il y en a bien d’autres)

Un point d’honneur sur le jeu de Willem Dafoe, qui je trouve est exceptionnel comme chacun de ses rôles, mais celui-là… Il l’a presque dans la peau. On oublie que c’est lui tellement il lui ressemble et tellement il joue juste.
Un mélange d’ailleurs, d’acteurs français et américains, et étonnement, ça passe plutôt bien ! Je n’ai pas ressenti cette fausse note que nous pouvons ressentir lorsque ça parle français ou lorsque ça se passe en France.

La bande originale a été composée par Tatiana Lisovkaya. Elle nous emporte facilement et permet de mettre une pointe de nostalgie et de mélancolie dans chaque scène du film (le silence fait aussi son travail comme il le faut, permettant de montrer le côté cruel du comportement des gens qui entourent Van Gogh). C’est de la musique le plus souvent composée au piano, dont l’inspiration artistique se dégage assez facilement. Bon, elle fait bader aussi. En écrivant cette critique j’écoute généralement la Soundtrack dans mes écouteurs et là… Je me rends compte que je remets toute ma vie en question.

En regardant ce Biopic, il ne faut pas s’attendre à un film qui bouge, qui prend grandement aux tripes. Au contraire, c’est un film doux, dramatique et qui est très lent. Il y a pas mal de moments de flottement de point de vue, parfois accentués avec l’apparition de ces « clips », qui doivent être la métaphore de l’inspiration de Van Gogh. Très contemplatif, assez platonique. Mais en même temps, on nous raconte la vie d’un homme artiste déchu… Doit-on s’attendre à autre chose finalement ? Difficile d’innover, alors on peut passer l’éponge cette fois.

CONCLUSION

J’ai apprécié regarder ce film et j’ai adoré voir les tableaux de Vincent Van Gogh prendre vie. Cependant, c’est très contemplatif et par conséquent, même si c’est beau, on peut s’ennuyer vite.


Note : 6,5/10

Vaut tout de même le coup pour le visuel, qui est vraiment le point phare de ce biopic.

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